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Contrat de courtage et Architectes, attention danger

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce nouveau métier de « Courtier en Travaux » qui met en relation des particuliers, collectivités ou entreprises qui souhaitent effectuer des travaux avec des professionnels du bâtiment.

De quoi s’agit-il ? D’un nouvel intermédiaire purement commercial qui propose à un maître d’ouvrage des entreprises soi disant « triées sur le volet ». C’est tout : aucune responsabilité technique, aucune garantie supplémentaire. C’est un simple carnet d’adresses où, pour être référencé, l’entreprise doit payer des droits d’entrée et reverser parfois jusqu’à… 10 à 15 % du montant des travaux !

Cette fonction doit être particulièrement rémunératrice, puisqu’il existe même une fédération avec un « code de déontologie » (ça ne vous rappelle rien ?), engageant ses adhérents à se faire payer « exclusivement par les entreprises », disposition rigoureusement inverse à celle du code des architectes.  Le service juridique de l’Ordre n’a pu que « conclure à une incompatibilité avec le code des devoirs professionnels qui impose  notamment aux  architectes  une obligation de conseil, de transparence et de loyauté vis à vis des clients garantie par leur indépendance. » On ne saurait être plus clair.

Ces courtiers ont beau affirmer la main sur le cœur « garantir le meilleur prix », ne proposer « que des entreprises sérieuses », et  ne « rien coûter au maître d’ouvrage », il faut être naîf pour ne pas voir qu’au final, c’est quand même ce dernier qui paie la commission du courtier, même si elle n’apparaît pas au grand jour. Bonjour la transparence ! Quant au meilleur prix… Et quand on devine que l’entreprise la plus référencée sera probablement celle qui aura le plus payé le dit-courtier… Bonjour la qualité du choix sur « compétence » !

Dans le fond, les architectes sont comme M. Jourdain : en mettant souvent en relation leur clients avec les entreprises sérieuses qu’ils côtoient, eux aussi font du courtage sans le savoir. Gratuitement, sans que ça coûte à qui que ce soit, et de la manière la plus honnête et transparente qui soit. Les architectes sont donc des courtiers gratuits, qui permettent à leurs clients de gagner 10 à 15% ! Quasiment le prix de leurs honoraires… Qu’on se le dise ;-)

PS : pour en savoir plus sur ce curieux métier, vous pouvez aller par exemple sur http://www.courtage-travaux-ffct.fr/

UNSFA  LORRAINE
L’union des syndicats d’architectes de Lorraine

Discussion

6 commentaires pour “Contrat de courtage et Architectes, attention danger”

  1. Bonjour,

    Je me permets de faire un commentaire sur votre sujet avec pour objectif de clarifier certains points sans pour autant souhaiter polémiquer. Ce commentaire se veut avant tout constructif.

    Le métier de Courtier en Travaux est en effet nouveau et non réglementé de ce fait sous cette appellation sont réunis tous les profils des plus compétents aux plus incompétents. C’est pourquoi je comprends en partie votre avis.

    Un courtier en travaux est avant tout là pour faciliter la réalisation de projets de rénovation pour lesquels les maîtres d’oeuvre ne se déplacent pas. Soit parce que pas suffisamment intéressant financièrement, soit parce que la valeur ajoutée du maître d’oeuvre n’est pas adaptée à la demande du porteur de projet. Par contre, le courtier en travaux doit savoir orienter vers un maître d’oeuvre lorsque sa compétence technique, sa formation et sa responsabilité sont dépassées. Ce qui peut permettre une parfaite complémentarité entre architectes et courtiers.

    Il est donc un fait que notre profession répond à un besoin non satisfait jusqu’à présent.

    Concernant la rémunération notre % de rémunération est lié à la valeur des travaux et proportionnel aux services apportés aux entreprises référencées (sans contrepartie financière fixe). Cette commission peut en effet (si mal négociée par le courtier) être ajoutée par l’entreprise sur son devis et dans cette hypothèse ce dernier à compétence équivalente sera de fait hors jeux par rapport aux devis concurrents, le marché ne sera donc pas remporté et le courtier ne percevra donc aucune rémunération.

    Vous faîtes référence au site de la ffct dans votre message qui pour l’instant est la seule organisation parlant au nom des courtiers en travaux. Malheureusement cette organisation n’est absolument pas représentative de la profession env. 100 courtiers sur 600 en France et par ailleurs à 90% issue de 2 franchises donc dépendante.

    De fait plusieurs courtiers en travaux se réunissent sous un label indépendant conscients des dérives apportées dans ce métier par des réseaux plus orientés par le gain immédiat au détriment d’un pseudo code de déontologie non respecté la plupart du temps.

    Vous l’aurez compris je suis de cette aventure. Le groupement le GNCTI (www.courtier-travaux-gncti.fr) est tout jeune et souhaite entre autre donner une nouvelle réputation à notre profession.

    Espérant un retour pondéré et constructif à mes propos.

    Alexis Briand
    Courtier en Travaux en IDF (Société Bradds)

    Posté par Bradds | 16 avril, 2010, 07:58
  2. Bonjour,
    je suis architecte, intéressé depuis longtemps par les clients particuliers. Et je m’interroge : nous avons perdu la clientèle des particuliers (à 90-95% environ…!), n’avons-nous pas à réagir et à tirer les conclusions du constat de l’évolution des modes de consommation au 21° siècle ?

    Posté par ESPAGNO | 18 août, 2010, 16:26
  3. Bonjour,

    Je suis aussi architecte. Et de part mon métier j’essaye de promouvoir auprès des particuliers des valeurs comme la qualité et l’honnêteté. Et en tout cas pour l’instant ça ne se passe pas si mal que ça. Donc je veux bien tirer des conclusions sur l’évolution des modes de consommation. Mais si par là tu veux dire que ça serait une bonne chose de cacher nos coûts en les noyant dans ceux des entreprises, alors je ne suis pas d’accord avec toi. Il faudrait que tu sois plus clair sur le message que tu cherches à faire passer.

    Posté par Florian Stoffel | 18 août, 2010, 22:44
  4. Bonjour

    Si je peux préciser quelque chose, je ne suis pas certain qu’on puisse dire que les archis ont « perdu » 95% de la clientele privée, car de fait, les archis n’ont jamais eu cette clientèle : c’est un marché nouveau, quasiment créé de toutes pièces par les industriels dans les années 60 (Merlin, Bouyghes, …), qui a élargi de manière phénoménale l’accès à la maison individuelle. Avant, les gens ne faisaient pas appel aux architectes mais à des maîtres d’œuvre… dans le fond un peu comme aujourd’hui.
    Par contre la loi de 77 aurait pu faire croire que les architecte allaient pouvoir s’investir dans ce marché, mais cela n’ a pas été le cas, … à cause d’un simple décret (poussé par ces mêmes lobbies), qui fixait à 170 m2 l’obligation d’architecte et donc d’architecture (en dessous de 170 m2, il suffit de fermer les yeux… ;-). A l’époque, des architectes -dont l’UNSFA en 1ère ligne, qui était à l’origine de la loi de 77 -ont essayé de lutter contre ce décret mais sans succès (probablement par naiveté et surtout honnêteté : les archis n’avaient pas d’enveloppes à distribuer !).
    Voilà pour le constat. Quant à l’avenir, je reste persuadé que c’est aux architectes de savoir se rendre indispensables auprès des particuliers. Et là c’est le travail de chacun d’entre eux, tous les jours qui peut le faire (et non la modification d’un décret- d’ailleurs dans les pays voisins, il n’y a pas de loi sur l’architecture et… les archis sont beaucoup plus sollicités). Pas gagné… mais pas perdu non plus !

    Posté par Dominique PETIT | 19 août, 2010, 09:20
  5. Il ne s’agit pas d’abandonner qualité ni honneteté, évidemment, il s’agit de répondre à une demande telle qu’elle est. Combien de personnes poussent la porte d’un architecte quand elle veut faire des travaux ? Pas 1 sur 10 ! C’est un immense échec pour la profession. Je ne me satisfait pas de ça, je refuse de ne travailler que pour l’élite, d’être l’architecte du prince. C’est tout. Les courtiers en assurance, en crédit, etc. sont-ils méprisables ? Ben non… Il serait temps que les architectes se réveillent un peu. Il y a bien des architectes-constructeurs, là c’est bien plus discutable sur le plan déontologique car on mélange la mission d’architecte et les intérêts financiers. D’ailleurs, cela permettrait d’avoir une déontologie pour ce nouveau métier actuellement plutôt « flou ».
    Et puis j’en ai assez de tout ces gens qui nous prennent notre travail, BET, thermiciens, OPC, SPS, AMO (on rêve, non, ?!) économistes de construction(et les archis alors ?), pavillonneurs, etc.. Stop. Marre de subir sans réagir.

    Posté par ESPAGNO | 3 septembre, 2010, 20:04
  6. Il me semble bien que toutes ces actions contre les courtiers en travaux et les architectes de l’autre soit une inconditionnelle manque de savoir faire des 2 parties.
    Il y a une chose que vous avez oublié, dans tout votre fonctionnement et vos soit disant intérêt.
    LA PASSION de votre métier, pas celle que vous avez appris sur le tas, après plus de 7 ans d’expériences. Mais celle qui vous a permis de vous diriger vers ce métier, qui est un métier d’art et pas d’intérêt.
    Maintenant en ce qui concerne, la fonction du courtier en travaux, même si il y a quelqu’un qui oublie certaine notion de savoir, il est vrai que pour les autres se sont pour la plus part de vrai technicien du bâtiment. Et puis, si nous devons voir plus large l’architecte étant mis en relation garde toujours cette matière de conseils vis a vis du client qui ne demande que cela.
    Il a été malheureusement prévisible que votre activité d’architecte, n’a été que limité et a du se développer vers d’autres fonction qui n’a laissé de place pour d’autres.
    J’aime ce métier d’architecte, mais je n’ai eu la possibilité d’en suivre les cours jusqu’au bout. Mais cela ne m’empêche pas d’évoluer vers le métier du courtage, puisque je pourrais apporter cette matière de conseils aux clients. Et pour compléter celui-ci, travailler avec un architecte ou un bureau d’étude, serait un plus à mes compétences.
    Donc subir sans réagir, n’est vraiment pas, votre domaine, on est au 21è siècle, les métiers évolue et les fonction aussi. Il faut qu’on arrête de mettre sur les autres et ne pas voir que vous n’avez guère laissé de place à la répartition des tâches.

    Posté par ppfeduzel | 10 octobre, 2010, 16:14

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